A peine grand comme 3 pommes, je suis tombé dans le fourneau de la tarte flambée. Doux rêve d’enfance. Je me vois dans la voiture de mes parents le dimanche, après avoir passé toute la journée avec ma famille.
Vers le soir j’entend :
«Asse, m’r flammekuche??!»
Je répond :
«Flammekueche??!Mmm… Ja !!! »
La neurolinguistique, quand une phrase peut changer toute une vie. Cette phrase magique, telle une incantation, révèle tant de bonne choses. Tous les sens sont réveillés. Ah les tartes flambées, c’est tellement bon ! Quand on en mange, une ne suffit pas. Il en faut 2 ou 3 selon l’appétit. Le cerveau est en alerte, et connecté avec l’estomac.
A la vue du restaurant, j’en ai l’eau à la bouche. Par l’odeur alléché, les narines reniflard du lard fumé. Quel labeur ces oignons coupées, on peut en pleurer !!!
Preuve qu’il y a de la tarte flambée. Tout un art ce lard fumé, ce n’est pas un canular, ni un polar, mais c’est un tout.

Une tarte aux 5 sens. Cette vue ouvre l’appétit, cette senteur emplit mon nez, le toucher est chaud et croustillant, l’oreille entend ce croquant et le palais au profite de ce gout paradisiaque.
C’est un orgasme gastronomique !

Le flammekueche est composé d’une fine pâte rectangulaire ou ronde. Cette pâte à pain mince (1 à 2mm) est ensuite garnie de crème fraîche, de fromage blanc, de lardons, de rondelles d’oignons de sel et de poivre. La recette peut légèrement varier selon les villages.
Certains restaurants, prennent seulement du bibeleskaas, c’est à dire, en alsacien, du fromage frais, comme le quark en Suisse, et un filet de crème liquide. D’autres utilisent seulement de la crème épaisse à 35%.
La cuisson parfaite s’effectue au four à pain très chaud. Cette tarte est donc cuite au feu, à la flamme, ce qui lui vaut son nom de tarte flambée. La flamme lèche la tarte, se couvrant d’une croûte dorée, puis brune. Quand vous apercevez des tâches noires, alors c’est prêt !

Aux origines de la tarte flambée
Flammekueche… Vous avez du mal à prononcer le mot ? Pas d’importance, tant que vous savez la savourez !
Tradition culinaire en Alsace, l’histoire de la tarte flambée a des origines paysannes. La fameuse tarte se réalisait lors de la cuisson du pain dans les fermes. Les premières tartes flambées remonteraient au Moyen-âge et seraient originaires du nord de l’Alsace.
Depuis toujours, les Alsaciens adorent déguster leur part de la tarte roulée et avec les doigts !
La flammekueche sait séduire les papilles les plus gourmandes et les palais les plus exigeants. Chaleureuse et conviviale, la tarte fine alsacienne sait également se mettre au goût du jour et s’associer à bien d’autres ingrédients que lardons et frometons. Aujourd’hui, de nombreuses déclinaisons de la tarte flambée existent avec du gruyère, (gratinée) du munster, des champignons (forestière), ou encore du saumon pour un plat plus riche et gourmand.

Ah, la tarte flambée ! Morceau de patrimoine alsacien, à la fois croustillant et fondant, si simple et qui pourtant requiert, pour en apprécier toutes les saveurs, tour de main d’expert, savant mélange de produits du terroir et cuisson maîtrisée à la perfection.
Ma préférée ? Sans conteste, la normale, appelée aussi traditionnelle ou classique. Sa simplicité, son goût délicatement aigrelet, son mariage réussi de quelques ingrédients, en font la star des tartes flambées.

Petites astuces de Thierry 
Je suis tombé tout petit dans la tarte flambée. Tout le monde peut suivre une recette à la lettre mais les résultats ne sont pas toujours les mêmes, surtout pour les cuisiniers amateurs ! Ceci dit, il ne suffit pas de suivre ce qui est dit ou ce qui est écrit. Le secret de la réussite en cuisine repose surtout dans les détails et surtout dans l’assaisonnement.
« Je fais la même recette exactement comme à la maison comme dans la gazette ! »
Au four à pizza disposez le feu d’un coté.
Jetez un peu de farine sur la pierre, si elle devient couleur caramel, la température est bonne. Mais si la farine noircit à peine jetée, alors c’est trop chaud. La température idéale est de 320 degrés. la tarte est alors cuite en 1 à 2 minutes. Dans un four classique réglez au maximum la voûte et la sole sans ventilation A 250 degrés il faudra 4 à 5 minutes. La couleur caramel sur le dessus indique que la cuisson est finie.

La recette tendance ; la végétarienne avec oignons rouges, échalotes, brunoise (garniture de légumes ou de fruits coupés en dés de 2mm de section) de carottes, origan, ciboulette et graines de courges.
Savoir être généreux tout en gardant un ensemble équilibré en goût.
Aucun élément ne doit prédominer sur les autres. Les goûts de tous les ingrédients doivent être perceptibles à la dégustation de la tarte.