Le CCA
Interview de Iris Theux. Intervenante en addiction

- Quelle est votre formation, parcours ?
J’ai fait le collège à St Maurice 5 ans ensuite j’ai fait la HES à Sierre comme assistante sociale.
Entre le entre le collège et la HES, j’avais une année de stage et puis donc là j’ai fait 6 mois à terre des hommes à Massongex puis 2 mois à la villa Flora à Sierre. C’est comme ça que j’ai découvert cet endroit et puis après le HES, j’ai fait mon dernier stage de formation en ambulatoire chez addiction Valais. Quand j’ai commencé à travailler addiction Valais j’ai fait un CAS en addiction c’est un une formation plus spécifiques dans ce qui concerne les addictions.
- Pourquoi travailler dans le domaine des addictions ?
Je me rappelle, quand j’étais plus jeune, j’avais eu une fois une prévention de la LVT. J’avais beaucoup apprécié les intervenants qui étaient venus sur le sujet et tout ça. Puis ça m’était resté un petit peu en tête. Pendant l’année où je devais faire des stages je cherchais un peu les endroits possibles. Puis une annonce dans le journal comme quoi c’était possible de venir faire des stages à la villa Flora. Alors je me suis dit « bon pourquoi pas ? » Je peux essayer. Et j’ai adoré. J’ai beaucoup aimé accompagner cette population. La thématique des addictions me passionnait. Je me suis dit que j’aimerais bien me spécialiser là-dedans.
- Que fait un intervenant ambulatoire ?
Un intervenant ambulatoire est là pour soutenir les personnes qui ont une des difficultés en lien avec des consommations d’alcool de drogues de médicaments… ou bien en lien avec des comportements addictifs comme les des dépendances au jeu vidéo de l’argent aux écrans enfin tout type de de de de dépendance. On est là pour soutenir ces personnes soit dans la diminution ou la gestion de de de ces comportements où consommation soit dans l’arrêt total. Ce sont des objectifs coconstruits avec chaque personne et puis on avance par des rendez-vous à une certaine fréquence qui est adaptable à chaque personne, chaque semaine chaque 2 semaines, chaque mois pour justement travailler sur ses objectifs et aussi sur tous les autres domaines de vie. On va pas traiter que des que des choses c’est bien que quand d’un coup il y a un on consomme ou autre il y a souvent Ben des raisons ils font que un jour voilà on retourne auprès des consommations et on va aussi analyser un peu la situation en physique situation psychologique l’emploi la situation familiale la situation judiciaire enfin faire un peu un bilan de tout ça et puis ensuite construire des objectifs des des but à avisé ensemble et puis travailler là autour voilà
- Plus de jeunes écrans COVID ?
Pour il y a plus il y en a plus en ce moment alors j’ai pas les statistiques d’addiction avaler en général mais pour ma part ce que je vois à Martigny c’est que depuis qu’il y a le COVID, il y a beaucoup plus de demandes de parents surtout qui ont leurs leurs enfants qui bah qui sont dépendants aux écrans on a eu beaucoup beaucoup de monde dans dans ce sens-là. Ben voilà. Les enfants pouvaient peut être moins sortir il y en avait, pendant quelques temps à décoller et cetera et puis ouais on a beaucoup de demandes à ce niveau là tu peux dire un pourcentage ça j’aurais vraiment vraiment de la peine j’arrive pas mais même si ce n’est si si c’est peut être fantaisistes mais environ qu’est-ce que tu penses je dirais qu’on a peut être à ce sujet là une demande une demande chaque 2 semaines, pour ce sujet là après si peut être mais c’est vraiment c’est difficile à pouvoir dire mais c’est beaucoup les les parents qui sont en demande alors des fois les enfants ou les jeunes qui sont dépendants aux écrans viennent aussi mais des fois on voit juste les les les parents parce que c’est vrai que ce que j’ai pas dit avant c’est que à la fois on est là pour soutenir les personnes qui sont directement concernés par une dépendance ou une difficulté de de gestion de la consommation mais aussi les proches donc souvent ben voilà c’est les parents ou autres qui viennent et puis on peut déjà les soutenir.
- Avez-vous ressenti d’autres effets du COVID
Moi en tout cas ce qui m’avait étonné pendant le premier confinement c’était qu’il y avait. C’était ouais on faisait des prévisions de se dire bah voilà. Il y a peut être une telle problématique qui va s’accentuer chez telle personne et cetera puis finalement c’est totalement le contraire et puis d’autres personnes qui qui semblait voilà. Ben plus sur 2 en termes voilà de consommation qui finalement bah voilà leur vie a totalement changé et puis c’était quelque chose qu’on pouvait pas prévoir parce qu’on travaille aussi en beaucoup en ambulatoire sur les situations à risques sur qu’est ce qui peut potentiellement provoquer un dérapage ou une rechute et puis Ben voilà. Le COVID c’est quelque chose qu’on prévoyait pas puis qu’il y a beaucoup bouleversé la vie des gens et donc voilà des personnes qui ont qui ont rechuté à cause de ça soit. Ben de plus avoir peut être l’occupation qui avait beaucoup plus d’ennuis beaucoup plus de solitude donc ça impacte et bien sûr bien sûr du genre ouais mais je dirais vraiment surtout au niveau pour ma part de ce que je vois les écrans ouais. Cette problématique c’est bien accentué et aussi peut être ce que j’ai vu aussi c’est plus de consommation à la maison. Les personnes des fois c’était de se dire bah au moins pas de consommation à la maison de de protéger ce lieu pour dire ben si on consomme on va à l’extérieur mais pas à la maison pour certaines personnes c’était le pas cet objectif là et puis d’un coup ben pendant quelques temps tout a été fermé et puis il y avait plus de limitation et puis voilà mais ça c’est pour ma part ce que j’ai pu remarquer par rapport à mes suivis.
- Comment accompagnez vous la diversité des personnes ?
Je dirais que c’est quelque chose que justement j’apprécie beaucoup dans ce métier c’est exactement ce que tu viens de dire c’est toute cette cette diversité en fait des personnes qu’on accompagnent tant au niveau de l’âge. On a des tout jeunes qu’on accompagne aussi d’ailleurs maintenant les enfants de personnes qui consomment. Donc là récemment, on a eu une petite de 5 ans qu’on a accompagné. J’ai une de mes clientes qui a 8 ans, 4 ans qui est dans un dans un ms donc voilà c’est hyper intéressant. Toute cette palette de d’âges différents et puis de de de consommation ou autre et puis bah. On va vraiment s’adapter aux aux objectifs de chacun au aux besoins que chaque personne a quand ils viennent on est vraiment bien sûr, enfin on accueille sans jugement et puis avec beaucoup d’ouverture. C’est vrai que par rapport à certaines situations on peut se dire que tel ou tel objectif serait serait le mieux. On va jamais imposer quelque chose au contraire c’est toujours la personne qui sait le mieux ce qui est pour pour elle. Ca c’est sûr et puis sur comment on fonctionne par rapport aux différents stades. C’était écrit, c’est vrai que il y a différents stades de de changement et puis moi je vais pas forcément faire la théorie là-dessus maintenant, mais on s’adapte aussi à à ces différents stades pour accompagner les gens de manière différente. En 2 mots si quelqu’un est pas forcément conscient de de sa problématique de consommation par exemple et en phase de de pré contemplation, on dit on va pas faire le même accompagnement que quelqu’un qui est dans l’action et qui met en place des stratégies et des choses pour pour diminuer où arrêter de consommer.
- De quels outils disposez vous pour accompagner les personnes ?
Alors on a pas mal d’outils différents. Ben justement, si je comprends bien le terme outil un bon ajustement cette roue du changement de prochaska et on a pas de marteau de qui justement est vraiment notre notre base de travail ?Pour pouvoir se dire bah voilà. La personne en est dans son processus de changement. Qu’est ce qu’on peut travailler avec elle? On a aussi l’outil du du step qui nous permet d’évaluer aussi à quel stade en est la personne en matière de de consommation, sa situation physique psychologique familiale judiciaire… Ce qui nous permet aussi de s’adapter. Ce qu’on peut proposer parce que il faut savoir? Si quelqu’un souhaite de venir au centre 2 jours par exemple ici. Un traitement résidentiel De l’ambulatoire d’addiction Valais puis on fait une évaluation en ambulatoire et ensuite voilà vous avez pu voir j’imagine. Si vous avez des intervenant ambulatoire, tout part de là pour pour proposer différentes possibilités comme le centre de jour ou d’autres choses. Sinon après on a pas mal d’autres outils ça c’est surtout voilà les 2 principaux, je dirais après on a on travaille sur pas mal de de de de choses justement ça dépend si la personne elle est par exemple un peu indécise on l’entre 2 on a des balances décisionnelles, on travaille beaucoup avec des des situations ça s’appelle des des synchronie. On travaille sur les situations problématiques et puis on analyse les pensées les émotions les cours portements qui sont issues toutes ces pensées automatiques pour faire des des restructuration cognitives plein de choses après on a les d’outils hein mais je pense pas qu’on va faire toute la liste mais pas mal de choses après on est aussi très on est on est chacun on a chacun des formations différentes aussi au sein de de l’unité et on a tous des des outils différents aussi et puis c’est bien on pendant les colocs et tout ça on on peut se permettre aussi d’échanger nos outils pour pouvoir les proposer durant nos suivis.
Différents types d’accompagnement volontariat et sous contrainte ? Ouais alors on a on a donc comme tu as dit beaucoup de de de suivis volontaires donc les personnes ils viennent de leur propre gré souvent ils sont peut être quand même influencés où conseiller en tout cas par la famille par les amis par l’employeur des fois qui peut aussi demander à un employé d’être suivi le médecin le psychiatre et cetera donc voilà mais ils viennent quand même de leur propre gré ils sont ok avec ça et puis viennent et puis on a aussi quelques suivis contraints notamment pour par exemple pour les gens qui souhaitent récupérer leur permis après avoir s’être fait retirer le permis sous l’influence d’alcool ou de drogues ils doivent avoir un suivi pas tous certains auprès de auprès de addiction Valais donc là ils sont obligés de venir une fois par mois sur tant de temps et on a aussi des suivis de justice ou c’est des mandats Ben voilà où on doit suivre les personnes temps de temps justement pour pour bah voilà les soutenir souvent dans un arrêt de consommation parce qu’ils doivent par consommer pour éviter de refaire délits ou en tout cas dans une gestion de la consommation.
- Ou intervenez vous ?
Alors ouais c’est vrai que la grande partie des entretiens on les fait bah dans nos bureaux en fait les personnes viennent dans notre bureau puis enfin l’entretien notamment là dans les bureaux d’addiction Valais à martigny et puis on peut aussi on a ses disponibilités si besoin d’aller chez les gens moi j’accompagne peut être 5 personnes à domicile voilà on s’adapte aussi à ses besoins dans la c’est des personnes qui entre autres nous conduisent pas et puis qui habitent loin de martigny où qui qui ont des difficultés de se déplacer ou pour qui c’est confrontant devenir dans un bureau ou autre donc si on a cette disponibilité et ce temps on peut-on peut se déplacer et puis faire un un entretien à domicile ça peut avoir du sens pour certains et c’est c’est chouette aussi et puis c’est vrai qu’en général on se déplace aussi pas mal pour les réseaux on fait beaucoup de réseau chez des chez des médecins chez des voilà psychiatres et autres et puis en très souvent c’est nous qui nous déplaçons pour pour ces réseaux.
De quelle manière l’accompagnement fait en ambulatoire peut aider les personnes ? Alors je pense que ça peut soutenir les personnes en tout cas de de ce que je je peux ressortir de de ce que voilà mes clients ont pu dire au bout d’un moment c’est surtout une écoute non jugeant te je pense que c’est surtout ça qui qu’il est qui les aide parce que Ben voilà on sait que là avec la consommation ou les les les les les les les différentes il peut y avoir pas mal de de culpabilité de honte et cetera qui fait que ça peut bloquer d’en parler en fait et puis je pense que juste déjà d’avoir un endroit où on ose parler de tout ça voilà sans être juger juste en étant écouter des personnes voilà ont beaucoup besoin dans ce monde en général addiction ou pas mais de pouvoir déposer sans forcément avoir des conseils hein c’est vrai que je pense que c’est pas mon rôle n’est pas de conseiller et surtout pas de dire ce qu’il faut faire mais plus d’être voilà d’être d’être une écoute active et et surtout voilà non jugeant te pour que la personne puisse enfin aux voilà parler et puis après on a un rôle aussi de pouvoir conseiller peut être en plus de de notre soutien si on on se rend compte que la personne aurait besoin d’un suivi plus accès au niveau psychologique on peut voilà orienter aussi on n’est pas médicalisé donc nous on va pas prescrire des médicaments ou autres ou évaluer si une hospitalisation est nécessaire ou autre donc on va beaucoup collaboré aussi avec les médecins et cetera et puis étendre un peu le le réseau de de chaque personne.
Que diriez vous à une personne qui hésite prendre contact avec une unité ambulatoire ? Je dirais c’est vrai que je pense que un des pas les plus compliqués ses premiers pas de oser prendre contact parce que on va avoir beaucoup de de de bain d’idée hein de de de de préjugés de se dire bon voilà où est ce que je vais arriver enfin voilà c’est l’inconnu mais je dirais doser passer la porte d’addiction Valérie soit venir directement sur place soit soit téléphoner et puis après le but c’est vraiment de voilà de de de faire ce premier entretien de contact sans se dire Ben je je signe pour doit y rester maintenant quelques temps c’est juste de devenir de de voir comment ça se passe et puis c’est ça qui permet surtout aux idées préconçues qu’on peut avoir bon voilà de casser ces ces schémas là ces idées là et puis de devenir déjà pour poser un peu toutes les questions et puis aussi bon voilà les les les craintes les choses comme ça on fait avec tout ça bien sûr et puis de voir que bah voilà c’est un endroit où on peut sentir bien accueilli dans la bienveillance et et le respect mais d’oser faire ce premier pas c’est le plus compliqué c’est la première étape vraiment qui qui peut être la plus la plus difficile
Quelque chose à rajouter Bon bah ce qui est important pour moi je pense que est ce que j j’aime trop en fait dans ce métier c’est que voilà je je je bah je suis là pour apporter un de de voilà de de ce que je suis à chaque personne mais je reçois d’autant plus en fait c’est vraiment dans dans les 2 sens on n’est pas juste là pour accompagner les personnes qu’on reçoit il y a énormément d’échanges à ce niveau-là et moi ça me ouais ça me ressource ça me fait beaucoup de bien et puis je pense que ça c’est c’est fondamental dans dans ce métier tout ce qu’on tout ce qu’on reçoit chaque personne en fait ouais c’est vraiment le grand plus ce qui fait que que j’aime beaucoup ce job et cette diversité comme je le disais avant ouais qui est très riche.


